La solitude

Elle m’apporte le rêve et l’espoir..la peur et l’insécurité.

Ecartelée entre mes désirs contraires, elle me trimballe entre culpabilité et regret, entre raison et folie.

Elle m’incite à trouver refuge dans sa sagesse, elle me rapproche de moi-même, m’empêche de mentir quand crissent mes pas dans l’erreur et le froid!

Son refuge n’est pas un déni ou une défense, mais comme un élan, une promesse d’être meilleure demain.

Elle devient manteau de l’oubli mais aussi cimetière des souvenirs.

Ma solitude est une page blanche où s’inscrivent mes pensées sur les choses, les autres et le monde. Entre émerveillement et terreur, entre inquiétude et paix!

Mes questions dans mon éternelle solitude semblent voler devant moi…Je m’interroge de quoi demain sera-t-il fait ?

Ma solitude est un temps hors du temps, où je quitte les rivages de l’habitude quand l’inconnu redevient visible aux frontière de l’obscur et quand je crois reconnaître ce qui m’est cher et ne plus donner de nom à ce qui m’échappe!

 

 

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L’automne

A l’horizon de ma vie

de ma route

Il revient me rappeler …

la fin de toute chose.

Octobre qui fait le malheur des arbres et des oiseaux

Que me restera-t-il ?

Une sorte de chant de la mort,

Il avance chaque jour

dans un rituel de couleurs :

Le pauvre vert qui résiste

le jaune si pâle qui se pointe

Et là, le rouge agressif …

l’orange qui perce

le roux …se manifeste!

Je regarde encore ce jour mon chemin

cette histoire d’octobre

qui tourne vite…

qui tourne mal!

Ces tristes couleurs qui déboulent…

comme ma vie…

les bonheurs qui s’achèvent..

l’illusion de la joie!

Novembre est de retour

menaçant, déroutant !

Novembre qui se moque

comme à chaque automne

Et comme à chaque fin

je continue à croire

que la vie est belle !

 

Trahison

Comment dire à l’homme qui m’aime,

qui ne fait pas la différence

entre mes lèvres et une pomme,

entre mon parfum et mon sang,

entre mon corps et son lit,

entre ma vie et sa vie?

 

Comment dire à l’homme qui m’aime

quand il saura que je l’ai trahi ?

Que tous mes sentiments

étaient erronés,

que tout mon amour 

n’était qu’un complot,

que toutes les poésies que j’ai écrites,

les coeurs que j’ai dessinés 

n’étaient qu’une période 

passagère …de folies ? 

 

Comment lui dire la vérité ?

Que je ne suis qu’une forêt d’épines 

loin de la douce fleur de printemps….

qu’il a imaginée

 

Manifeste ta colère, et 

n’hésite pas….gifle-moi !

ô combien douloureuse est la trahison ! 

Tue-moi si tu le désires

mais…quelle âme tueras-tu ? 

La mienne n’est plus

depuis des années. 

 

 

 

Fantasme de dragon

Créature de l’univers

s’arrête promptement 

dans l’espace

où le dragon la retient 

prisonnière…

Seule,

elle écoute, 

elle cherche…

Subitement, 

un étrange souffle effleure ses sens.

Une main rythme 

la cadence de son mystère.

Le dragon multiplie

ses vilains tours, 

choisit à la dérobée

de quoi combler

sa gourmandise,

dissimule dans son sourire

sa soif de lui appartenir.

Il raffole des trésors, 

se délecte sans remords,

savoure les peaux velours

qu’il caresse d’un geste sûr…

d’un geste dur.

Loin…si loin les tendres étreintes.

Tu peux faire …

et refaire.

Créature de l’univers 

ne craint pas les démons des airs

Tu l’emprisonnes

elle se libère. 

Aimer, c’est quoi au juste ?

Un contrat révocable en tout temps, adaptable au besoin du moment. Fruit de l’effort, du calcul, de l’équilibre et de l’intérêt. Bonne entente construite pas à pas. Partenariat bien compris et relationnel inclus.

Investir sans s’investir et, si possible, éviter d’être perdant. Faire des compromis, rester réaliste et raisonnable.

L’amour n’est que l’autre sens du mot « besoin ».

L’amour qui rend crétin, imbécile et ridicule est sans but, sans intention même, sans qualité peut-être et sans précédent.

Tout cela est vrai et juste . Tout cela est triste.

Aimer, c’est passer aux autres, rester debout à leurs côtés le plus longtemps…tous les jours.

Aimer décide de tout, change les règles, change la donne.

Aimer, c’est aller vers la vie, vers les choses nouvelles, garder la curiosité d’un enfant, essayer d’être tous les jours à la recherche du bonheur. Tenter de faire mieux à chaque fois.

Aimer, c’est avoir des peur d’ailleurs, de l’inquiétude …profondément…très fort.

Aimer, c’est dompter les passages à vide et les doutes pour moins souffrir, adopter la douleur pour mieux vivre avec. 

Aimer, c’est ne rien espérer, ne rien demander et surtout ne s’attendre à rien. 

 

C’est toi le plus fort

Je veux être ta muse

ta source de jouissance

ta réussite…ton génie.

Ton admiration fébrile

ta passion.

 

Je veux être la gardienne de ton bonheur

l’ordonnance de ta vie

l’objet de ton désir.

L’objet de tout …

et non le sujet de rien.

 

Je ne veux pas d’un jeu de pouvoir qui me dépouillera de ce qui fait de moi

un être doux

aimant

vulnérable …

Un être supérieur.

 

Je n’ai pas peur de perdre la face…

je tiens à rester faible.

Pourquoi me contenter d’être ton égal ?

 

Je veux un jeu de rêveries interminables

où tu apprendras à fondre

au lieu d’exploser.

Et là…tu seras un homme fort.

 

Les images de l’été éternel

Ces jours d’été que j’ai attendus dans les promesses d’un temps radieux.

A la fraîcheur de ses premières heures, vers quel jour l’été m’avait-il donné rendez-vous? était-ce le jour d’un départ qui m’avait mise dans l’impatience de guetter et de découvrir des horizons depuis longtemps rêvés et attendus? Ou serait-ce dans ce matin l’amour qui m’attendait ? Et sur quel chemin? Pour remonter quelle rivière?

Ce jour d’été qui s’est ouvert , quelle histoire j’allais emporter?…L’histoire de cette joie que je connais par coeur, de cette émotion qui à l’instant resurgit, de cette saveur, de ces souvenirs d’été dont je garde à jamais la musique.

où allais-je m’arrêter dans les heures de cet été qui s’en est allé? Quelles autres images ces jours allaient-ils m’amener à connaître et à vivre?

Le temps d’un été, c’était les temps des grands et petits bonheurs qui se suspendaient et s’interposaient un peu, et qu’émergeait une nouvelle façon d’être ensemble, de voir le monde et les journées et d’être heureux.

Peu de joies et d’impatiences sont aussi grandes, dans mon souvenir , que celles qui, en été, naissent à l’approche de ces ailleurs du monde et des choses, sous le soleil et face à l’océan exactement.

Mais l’été sans fin existe-t-il ? Je le crois oui, en préssentiment, ce qui suffit à en étayer la réalité. Reste à savoir comment le dire ou le chanter, ou le peindre ou le raconter. Des musiques, des poèmes, des récits, des tableaux hier et aujourd’hui ont réussi.

Nous en conservons tous dans notre coeurs, nos esprits, nos mémoires, des bribes, des fragments, des rythmes, comme des petites pièces oubliées dans un tiroir, précieuses inexplicablement.

Vous me dites tout cela n’enlève rien au fait, banal et cruel, que l’été quand même s’évanouit, et que les tristesses qui viennent alors sont parmi les plus poignantes qu’on puisse imaginer. Mais n’est-ce pas justement parce que l’été finit qu’il détient en lui la promesse de son éternité ?